Origine du personnage

Kong naît de la rencontre entre un documentariste aventurier et une technique d'animation encore jeune. Cette double origine explique le mélange de réalisme documentaire et de fantastique du film de 1933.

Merian Cooper

Aviateur, ancien prisonnier de guerre en Russie et documentariste, Merian Cooper avait filmé des migrations de peuples en Iran et une communauté villageoise au Siam avant de concevoir Kong. Son projet initial mêlait un gorille géant et des dragons de Komodo, animaux qu'il envisageait de filmer sur place avant de renoncer devant le coût.

Animation

Willis O'Brien, déjà auteur des dinosaures du Monde perdu, construit des modèles à armature métallique recouverts de latex et de fourrure de lapin. Chaque seconde d'écran demande vingt-quatre déplacements et prises de vue. La fourrure, déplacée par les doigts de l'animateur, produit un frémissement permanent que le public de l'époque interprète comme un effet de vie.

Composition

La partition de Max Steiner est l'une des premières à accompagner un film sonore de bout en bout avec des thèmes attribués aux personnages. Elle établit un modèle que la musique de film hollywoodienne suivra pendant des décennies.

Réception et censure

Le film ressort à plusieurs reprises, amputé à partir de 1938 de plusieurs scènes jugées trop violentes, dont une séquence où des marins tombent dans une fosse. Ces plans, longtemps perdus, ont été partiellement retrouvés et réintégrés dans les restaurations ultérieures.

Lectures

Le film a suscité des interprétations nombreuses et parfois contradictoires : récit sur l'exploitation coloniale, sur la mise en spectacle de l'exotisme, sur le rapport de la ville industrielle à la nature. Les remakes successifs ont chacun infléchi ces lectures, la version de 2005 accentuant la responsabilité des cinéastes eux-mêmes dans le destin de la créature.